Enceinte et candidate aux élections municipales, toute une histoire…

Enceinte et candidate pour devenir maire des Pavillons-sous-Bois, je vais ajouter mon témoignage à cet article Le Monde particulièrement d’actualité.

Je vais commencer par citer en exemple une maire qui a donné naissance à son premier enfant en cours de mandat en 2024. Pas n’importe quelle maire, pas n’importe quelle ville : Léonore Moncond’huy, maire de Poitiers, commune de 90 000 habitants et Préfecture de la Vienne, a donné naissance à un petit garçon en 2024 et dénonçait alors l’absence de cadre pour permettre aux femmes de prendre un congé maternité pour se remettre de cette épreuve.

Grâce à son activisme et parce qu’il était temps que ce vide juridique soit comblé, la loi a rapidement changé. Depuis le 8 décembre 2025, les élu•es continuent de toucher leurs indemnités lors du congé maternité/paternité, une loi qui a été adoptée à l’unanimité des votes (en dehors de la France Insoumise qui, pour une raison qui m’échappe, a préféré s’abstenir, je leur laisse l’opportunité de s’en justifier, ce n’est pas mon rôle ni mon parti…).

Aujourd’hui, cette loi permet à des femmes, comme moi et comme d’autres, de s’engager plus sereinement dans la course pour la mairie de leur ville. Aussi, pour répondre une bonne fois pour toutes aux rares personnes qui s’en inquiètent, je suis plutôt confiante dans l’avenir qui m’attend en tant que maire d’une ville de 26 000 habitant•es et future maman.

J’ai plusieurs raisons d’être confiante.

D’abord, et avant tout, je suis très bien entourée dans cette aventure qui m’amènera à prendre la direction de notre ville d’ici quelques semaines. Je ne me suis pas lancée seule dans cette campagne et je ne serai pas seule à mener la barque une fois élue.

J’ai entendu des inquiétudes quant à ma capacité à faire campagne en tant que tête de liste en étant enceinte. Je comprends ces inquiétudes, une grossesse, je m’en rends bien compte, c’est fatigant et stressant, et une campagne électorale, quand on n’en a jamais fait, ça l’est tout autant.

Mais je vais quand même rappeler quelque chose d’important, je n’ai aucune raison de le cacher, c’est indiqué en toutes lettres sur mon profil LinkedIn et vous trouverez des tas d’articles de presse à mon sujet, c’est ma dixième campagne électorale et c’est la troisième fois que je travaille sur une campagne municipale. Oui, j’ai déjà été plusieurs fois candidate, j’ai aussi dirigé, coordonné des campagnes électorales et j’ai même été chargée des élections pendant près de 7 ans pour EELV au début de ma carrière professionnelle.

Si faire campagne pour quelqu’un qui n’en a jamais fait peut être une expérience particulièrement angoissante, je vous assure que ça ne l’est pas du tout pour moi. J’ai déjà mes repères, je connais le code électoral sur le bout des doigts, je sais ce que je fais, comment le faire, quand le faire et avec qui le faire.

Et contrairement aux fois précédentes, cette fois-ci je n’ai pas un travail à temps plein à côté, j’ai donc tout le loisir de me reposer si nécessaire, je peux églament me dégager du temps pour les rendez-vous et autres examens médicaux liés à ma grossesse, donc sur cet aspect là, franchement, rassurez-vous, ça va. En plus je suis en parfaite santé, je n’ai jamais eu aucun problème de santé, je ne bois plus depuis plus d’un an et je ne fume plus depuis plus de 6 ans, j’ai une activité physique régulière depuis des années, je marche entre 2 et 4 kilomètres par jour, le bébé va bien, la maman va bien, le papa va bien, tout va bien.

Je ne suis pas plus stressée à l’idée de devenir maire. Je suis actuellement en train de valider (en VAE) un diplôme sanctionnant mes connaissances en matière de métiers du politique et d’administration publique territoriale, et ceux qui me connaissent le savent, j’apprends vite, très vite. En toute modestie, vu mes multiples expériences professionnelles, j’ai toutes les clés en main pour être une bonne maire, je trouverai rapidement les clés qui me manquent pour être une excellente maire.

Je suis peut-être un peu plus stressée à l’idée de devenir mère que maire. C’est une perspective nouvelle pour moi qui n’avait jamais envisagé cette possibilité d’avoir un enfant dans ma vie. Mais à ce niveau là je suis très bien entourée : j’ai un conjoint très investi qui veille au grain, toujours présent à mes côtés, il gère tout ce que je n’ai plus le temps de gérer, et tellement plus !

Et j’ai aussi deux sœurs déjà maman et une famille soudée qui m’apportent des réponses à toutes les questions que je me pose et qui me soutiennent dans tout ce que j’entreprends. Et puis, dans le cadre de cette campagne, j’ai rencontré des mamans qui sont elles aussi candidates sur la liste que nous présentons et qui m’apportent la bienveillance et les conseils dont j’ai besoin au quotidien pour vivre cette aventure paisiblement.

J’ai entendu aussi des inquiétudes quant à ma capacité à gérer une ville en étant enceinte puis jeune maman… Franchement, en 2026, ce sont des propos que nous ne devrions plus entendre. Mais je vais quand même y répondre.

Notre collectif Pavillons Citoyens a grandi et continue de grandir au fil de la campagne que nous menons. Au-delà des 35+2 personnes qui figurent sur la liste que nous nous apprêtons à déposer en Préfecture, et à travers elles, des dizaines de personnes nous soutiennent et s’investissent dans notre campagne à tous les niveaux. Notre objectif étant de prendre le pouvoir pour le rendre aux Pavillonnaises et aux Pavillonnais, je pense que ma charge de travail en tant que maire sera très nettement inférieure à celle du maire actuel qui décide de tout seul, sans consulter ni les habitantes et les habitants, ni même les élu•es de sa propre majorité et encore moins de l’opposition, ni encore les élu•es des villes voisines, comme enfermé dans sa tour d’ivoire. Alors oui, être maire d’une ville comme Les Pavillons-sous-Bois, c’est une mission à temps plein. Mais contrairement à ce que j’ai entendu sur le terrain, si on sait s’organiser et déléguer, si on sait s’entourer des bonnes personnes, alors cette mission est parfaitement compatible avec une vie de famille, et même avec une vie sociale. Je plains les familles et les amis, s’ils en ont, de ces hommes maires qui n’ont pas la capacité organisationnelle que j’ai, les pauvres… Et puis dois-je rappeler que, n’ayant plus aucune obligation partisane ni aucune volonté de faire carrière à un autre niveau que le niveau municipal une fois élue maire, je me dégage donc de cette obligation à gesticuler dans les instances partisanes… franchement, vous n’imaginez pas le temps que ça libère…

Une fois élue maire, le moment venu (le terme de ma grossesse est prévu à la fin du mois de juin) je prendrai mon congé maternité comme n’importe quelle future maman et mon cabinet et mes adjoint•es prendront temporairement le relai pour assurer mes fonctions le temps de ce congé. J’ai pleinement confiance dans leur capacité à gérer notre ville, iels connaissent leurs missions, iels y sont préparés, nous formons une équipe, je ne suis pas seule.

Une fois maman, je serai bien placée pour prendre rapidement connaissance des problèmes que les parents rencontrent dans notre ville et, en tant que maire, je serai bien placée pour y trouver des solutions pérennes, à commencer par proposer, par exemple, une crèche aux élues et aux agents municipaux. Proposer une garde pour les enfants de nos agents pendant qu’iels gardent, nourrissent et éduquent les enfants des personnes actives de notre ville, ça me semble être un bon début…

Des mamans comme moi, avec une activité professionnelle et une volonté de conserver cette activité, il y en a de plus en plus qui s’installent ici et qui souffrent du manque d’aides proposées par la ville. Alors bien entendu, je ne vais pas consacrer 100% de mon mandat pour rendre la ville plus accueillante pour les parents et leurs enfants, il y a des tas d’autres sujets importants à traiter, une maire doit coordonner toute l’équipe, toutes les problématiques doivent être étudiées, mais tout comme les élu•es de notre majorité qui prendront en charge les questions autour de la petite enfance, de l’enfance et de la parentalité, je serai bien plus concernée par ces problématiques que n’importe qui.

Rendre notre ville accueillante pour les familles, du berceau à la retraite, sans pour autant dépenser des sommes astronomiques d’argent public, c’est possible, j’ai déjà plein d’idées en la matière, mes colistières et colistiers aussi.

Mener à bien ce beau projet, c’est aussi redonner de l’attractivité à notre ville et, vous le savez tout comme moi, on en manque cruellement.

Enfin, si je devais dire une seule chose pour rassurer tout le monde sur mon état : ma propre maman, qui me connait bien, qui s’est déjà inquiétée pour moi par le passé, n’est pas DU TOUT inquiète pour moi actuellement.

Elle sait que je fais ce pourquoi je suis douée, que j’aime passionnément ce que je fais et qu’être maire de ma ville d’adoption va bien au-delà d’une simple mission ou même d’une banale vocation pour moi. Donc si elle n’est pas inquiète, je pense qu’il est vain de manifester une quelconque forme d’inquiétude à mon encontre.

Je suis une femme normale qui fait ce pourquoi elle est douée, je vais aller au bout de cette campagne et je prendrai mon mandat de maire à bras le corps, je me dévouerai à 100% pour le bien de notre ville tout comme pour le bien de ma petite famille que j’epère pouvoir voir s’épanouir pleinement dans notre ville pleine de potentiels.

Moi, je suis prête à tourner la page de 31 ans de mandat tristoune avec mon bébé dans les bras, mon conjoint à mes côtés et mon équipe autour de moi, allons-nous passer à côté de cette belle occasion à cause du paternalisme de quelques un•es ? 😏

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À Propos de l’autrice

Militante politique antifasciste, libertaire, démocrate et féministe. Salariée puis cadre de partis politiques, je décide de mettre fin à mon engagement partisan en 2023 pour me libérer de l’impact négatif et de l’entrave des partis politiques. Spécialisée dans l’analyse et l’application des méthodes de décision et sur les fonctionnements des organisations, je suis aujourd’hui consultante en stratégie et en gestion, à mon compte. J’anime régulièrement des lives politiques sur ma chaine Twitch, sinon je construis des applications pour faciliter la vie des gens et, parfois, j’écris des articles.