En janvier 2025, j’ai commencé une démarche de validation des acquis de l’expérience (VAE). C’est une démarche longue et rigoureuse qui vous permet d’obtenir un diplôme que vous estimez pouvoir obtenir sans avoir à retourner sur les bancs de l’école. Pour cette VAE, parce que j’ai cumulé des années d’expériences dans le domaine politique, j’ai choisi de tenter le Master 2 Science Politique – Métiers du politique et de l’administration publique territoriale. Dans mes recherches, je n’ai pas trouvé beaucoup de témoignages de personnes ayant effectué ce long travail sur elles-mêmes, alors j’ai décidé de vous raconter mon parcours, une étape après l’autre…
Jusqu’en 2024, il existait des dispositifs d’aide à la VAE partout en France, une antenne par région, voire par département, mais quand j’ai commencé mes démarches pour ma VAE en 2025, il n’y avait plus rien.
J’ai contacté le dispositif de suivi de la VAE de l’Essonne qui m’a indiqué que suite à une décision de l’Etat, l’organisme était dorénavant fermé et que je devais m’adresser à quelqu’un d’autre pour obtenir une aide pour effectuer ma VAE.
Mais qui ?
Alors oui, la VAE, la VAPP, ça existe encore aujourd’hui, mais pour y accéder c’est devenu de plus en plus compliqué. Si vous n’avez pas les codes, préparez-vous à sérieusement galérer.
France Travail ? (Spoiler alert : non, mais essayez quand même)
En tant que demandeuse d’emploi bénéficiaire d’Allocations de retour à l’emploi inscrite régulièrement à France Travail depuis le 2 janvier 2025, j’ai d’abord informé ma conseillère que j’allais entamer des démarches pour effectuer une VAE et que je voulais savoir si France Travail allait pourvoir m’aider financièrement.
Je lui ai envoyé un mail le 11 février 2025. J’ai reçu une réponse le 13 février 2025 de la part d’une autre conseillère m’informant que ma conseillère me répondrait dès son retour de congés. Le 10 avril je recevais mon avis de recevabilité de la part de l’Université de Paris Saclay pour un M2 mais toujours aucune nouvelle de ma conseillère France Travail.
Notez que la veille de la réception de mon avis de recevabilité, j’avais observé une sérieuse différence entre les allocations de retour à l’emploi que j’étais sensée toucher lorsque j’avais effectué ma simulation avant ma rupture conventionnelle et le montant que j’ai finalement touché à la fin du mois d’avril.
J’ai envoyé mon avis de recevabilité et le devis contenant le prix de l’accompagnement de la VAE à ma conseillère emploi et, en parallèle, j’envoyais également un message à ma conseillère indemnisation pour réclamer la somme qui m’était normalement due. À ce moment là, j’étais persuadée que cette demande de financement serait probablement mon plus gros défi.
Finalement, après plusieurs échanges de mails avec ma conseillère enfin revenue de congés et qui semblait galérer à trouver une réponse à ma demande de financement, elle m’a finalement répondu qu’il n’existait plus aucune aide pour financer les VAE par France Travail depuis le début de l’année 2025. Trop de chance, pile le moment où j’en ai besoin…
L’employeur ou l’organisme de formation de l’employeur
Si vous êtes salarié, vous avez beaucoup plus d’options. Vous pouvez demander à votre employeur ou même à l’organisme de formation associé à votre employeur sans même en parler à votre employeur. Les options sont nombreuses et les issues sont souvent positives quand vous avez un boulot, mais quand vous êtes demandeur d’emploi, ce n’est jamais simple.
Et dans la fonction publique, c’est encore différent. Je n’ai pas les détails, je sais juste que l’accès à la VAE, et plus largement à toute forme de formation, est bien plus encouragé dans le domaine public que dans n’importe quel autre domaine. Être fonctionnaire, c’est aussi cet avantage là, on est souvent mal payé mais on a plein de facilités pour se former tout au long de la vie. Rien que pour ça, je me demande si je ne ferais pas mieux d’aller dans cette direction. Le service public, c’est une vocation, et je me demande souvent si ce n’est pas finalement ça, ma vocation…
Le CPF, le dernier ultime recours
Dans mon cas comme dans le cas des salariés, il y a toujours moyen de passer par le Compte Personnel de Formation sous réserve qu’il soit suffisamment rempli.
Avec un montant de 2990€ disponible pour un montant de 2920€ à régler pour mon accompagnement, j’ai finalement choisi cette option. J’aurais aimé conserver cette somme pour une reconversion, dans quelques années. Surtout, je me disais que si j’avais la possibilité de gratter un peu plus d’argent à un organisme qui était en train d’essayer de me voler une partie des allocations attendues, je n’allais surement pas me priver. Mais je n’ai finalement pas eu le choix que de passer par le CPF…
Tout ça m’énerve, j’ai travaillé dur pendant des années, j’ai payé mes impôts sans aucune dérogation toute ma vie d’adulte, j’estime que j’ai le droit à une petite compensation pour tout l’argent que j’ai mis en commun. Et moi, je n’ai pas volé d’argent contrairement aux très riches qui nous volent tous les jours. Pourtant, c’est moi, parce que je suis aujourd’hui demandeuse d’emploi, qui serait plus facilement la cible des critiques de toute une partie de la population. Je suis considérée comme une assistée, moi qui ait travaillé toute ma vie.
Et pour couronner le tout, France Travail me propose des tas de formations inutiles complètement financées par nos impôts sur des sommes astronomiques et pour des bullshit jobs mais je ne peux pas avoir 3000 balles pour financer une simple VAE, tout ça alors que les riches sont littéralement sponsorisés par nos impôts. Cette situation me rend malade…
Pas facile à financer, mais pas non plus impossible
Tout ça pour dire que pour financer votre démarche de VAE, il faut vous y prendre suffisamment en avance, surtout si vous êtes salarié, parce que même si vous êtes dans une situation idéale pour faire financer votre VAE, les organismes que vous allez solliciter sont plutôt très lents et ont souvent les yeux près de leurs sous.
Attendez vous à ce que ce soit plutôt compliqué de trouver des explications sur les méthodes pour trouver le financement, donc préparez vous à chercher vous-mêmes ces méthodes, tout ce que je peux vous dire à mon humble niveau, c’est qu’heureusement que j’avais assez d’argent sur mon CPF et, le cas échéant, sur mon compte épargne, sans quoi je n’aurais jamais été sereine pour financer ma VAE.
Dans mon prochain article de cette série, je vous raconterai l’inscription à l’université, là encore, c’est sacré une épreuve. Vive l’administration française !
Si ce que j’écris vous plait, vous pouvez m’encourager à continuer en m’offrant un petit café
=> https://liberapay.com/Florie/<=
=> https://ko-fi.com/florie <=
Laisser un commentaire